Salies-de-Béarn

Crypte d'eau saléeLe modèle qui a présidé à la formation urbaine de Salies diffère totalement des principes qui ont été adoptés dans les villes de Navarrenx, Sauveterre et Orthez. Même si elle se voit concéder le privilège du Fors de Morlaàs à partir de 1331 qu’elle est alors protégée par un enclos fortifié. Salies s’est au contraire construite autour d’un réseau de rues et de venelles concentriques convergeant vers son centre: la source d’eau salée actuelle place du Bayaà. Le centre ancien de Salies se déploie ainsi en spirale. Succédant à un habitat très dispersé sur les terrasses alluviales du Saleys, une cité voit le jour au Moyen Age.

L’extension urbaine de Salies s’est très vite trouvée contrainte par la topographie particulière du site : un fort coteau à l’est (la Sègue ou Pain de Sucre) et le passage de la rivière du Saleys. De plus, le règlement de la Fontaine Salée de 1587, imposait à chaque part-prenant bénéficiaire du revenu de l’exploitation du sel, d’habiter dans la ville intra-muros. Ces deux facteurs ont longtemps ralenti l’extension extra-muros de la ville de Salies. Cependant, au cours du XVIIIe siècle, la croissance d’activités économiques diverses permet l’émergence d’une bourgeoisie nouvelle qui colonise l’espace extra-muros.

 

ThermesSalies-de-BearnDans la seconde moitié du XIXe siècle Salies connaît une reconversion importante avec l’émergence du thermalisme. Dès 1884, l’ouverture de la ligne de chemin de fer Puyoô–Salies et la création de la gare accompagne ce développement. En 1888, le premier établissement thermal, détruit par un incendie est remplacé, par des équipements plus luxueux de style mauresque mais aussi d’un kiosque à musique et d’un café cercle qui fait office de premier casino. Ils s’organisent autour d’un vaste jardin public et sont complétés par deux grandes infrastructures hôtelières de luxe. La spéculation immobilière est lancée Salies s’achemine vers le modèle d’une ville thermale.

Hôtel du parc 1892

Elle se décline sous la forme de plusieurs « lotissements » équipés d’hôtels de luxe, de villas locatives et de villas individuelles : Hameau Bellevue, de Bretagne, de Baillenx ou encore de Paris. Ainsi le plus ancien de ces lotissements (1884) à voir le jour est le hameau Bellevue implanté dès près de la gare et commandité par Alphonse Frager, curiste parisien. Il choisit l’architecte Georges-François Michel qui puise son inspiration dans un registre totalement éclectique : néogothique, néo-normand, vernaculaire, néo-Louis XIII et classique. La cité thermale qui cohabite avec le bourg ancien donne toute son originalité à la ville de Salies.

L’activité thermale reste aujourd’hui un des éléments les plus remarquables de la cité. Toujours exploitées pour leurs vertus curatives, les salines président au développement économique de la cité. Ainsi aujourd’hui elles sont exploitées dans la production du jambon de Bayonne.