Sauveterre-de-Béarn

Comme Navarrenx, Sauveterre-de-Béarn joue un rôle primordial en zone frontière entre la Navarre, le Béarn et la Soule. Au Moyen Age la ville s’implante sur un site dominant une île sur le gave d’Oloron (l’île de la Glère) permettant ainsi de faciliter ou d’empêcher la traversée de la rivière. Le coteau qui domine le gave constitue une défense naturelle qu’il suffisait de renforcer. Son nom Sauveterre est très révélateur d’une période -XIe et XIIe siècle- où les populations regroupent sous la protection du clergé.

1-Sauveterre-Eglise Saint-AndreAu XIIe et XIIIe siècle, Sauveterre se développe. Y sont édifiés une église, un château fort, des tours, un pont et des fortifications. Gaston VII de Moncade fait réaménager les points fortifiés que comporte la ville : les ponts dont celui dit de la Légende, la tour Monréal et le château vicomtal. Tout comme à Orthez, il donne à Sauveterre son cadre urbain, elle bénéficie du titre de « bourg de Béarn » et s’affirme alors comme l’un des principaux centres d’activité du pays.

Au XIVe siècle, Gaston Fébus reprend et complète l’ensemble en particulier le pont sur le gave qui prend son allure définitive et le château vicomtal. Au tout début du XVe siècle, l’implantation d’un établissement religieux hors les murs, à l’est de la ville, suscite l’apparition du faubourg Pannecau qui est fortifié suivant la prescription du Fors de Morlaàs, avec des palissades et des fossés.

2-Sauveterre-Tour-MonrealCet ensemble fortifié prend tout son sens au XVIe siècle. En 1523, Henri II d’Albret héritier de la vicomté de Béarn décide de reconquérir la Navarre face à Charles Quint. En représailles, les armées impériales entament une expédition punitive au nord des Pyrénées. Sauveterre voit alors son château partiellement détruit et son enceinte très endommagée. La tentative d’annexion de Charles IX en 1569 achève la ruine du système défensif.

Lorsque le Béarn est intégré à la France en 1620, Sauveterre perd son statut de ville frontière et les avantages économiques qui en découlent. En 1732 la destruction des ponts par une crue provoque une éclipse dont Sauveterre ne se remet qu’au début du XIXe siècle.

3-Sauveterre-Pont-LegendeL’histoire urbaine de Sauveterre fait écho alors aux grandes préoccupations de cette époque : obsession des voies de communication, sécurité, salubrité. Ainsi les fossés sont comblés, les murailles arasées au nord et à l’ouest, des espaces publiques sont aménagées et ouvrent sur de nouveaux axes de circulation.

Le « vieux » Sauveterre doit son salut à l’engouement du XIXe siècle pour le pittoresque des ruines «romantiques ». Les mesures de protection des monuments (dès 1886) et les campagnes de restauration sont intervenues de façon suffisamment précoce pour que ce patrimoine nous parvienne dans toute sa cohérence urbaine. Aujourd’hui Sauveterre a la physionomie d’une ville béarnaise typique du XVIIIe siècle implantée sur un parcellaire médiéval et ponctuée de vestiges remarquables.