Au fil des siècles

Grâce à l’influence de sa capitale médiévale Orthez, ce petit triangle occidental de l’ancienne province de Béarn a joué un rôle majeur dans l’histoire régionale et parfois même nationale.

Protothistoire et antiquité
C’est dans la région de Salies-de-Béarn que les premières traces humaines sont le plus perceptibles.
Dans la basse vallée du Saleys, ruisseau qui irrigue la ville, cette présence est attestée dès le Ve millénaire avant notre ère par un abondant mobilier lithique. En outre, l’exploitation très précoce du sel qui sourd naturellement sur ce site débute à partir de l’âge du Bronze.
Au cours de la période aquitano-romaine, du Ier au IVe siècle, les ateliers de traitement du sel par cuisson et évaporation de l’eau saline, se développent sur les terrasses alluviales qui longent le Saleys et ses affluents.

L’essor à l’époque médiévale
1-ChateauBellocqSa situation géographique entre l’actuel Pays Basque et les Landes explique le rôle singulier du Béarn des Gaves. Il a été au coeur des événements marquants du Moyen Âge occidental et va vivre au gré d’alliances et d’obligations contradictoires avant de connaître une période de neutralité et de souveraineté. C’est à Orthez, la capitale, qu’émerge le sentiment d’indépendance du Béarn. Les villes de Navarrenx, d’Orthez, de Salies et de Sauveterre jouent un rôle important en contrôlant les accès fluviaux et ainsi les voies marchandes et les chemins de Saint-Jacques de Compostelle (routes du Puy-en-Velay, de Vezelay et de Tours). Orthez et Sauveterre ont été deux des quatre communautés qui reçurent le titre de bourg de Béarn dès le XIIIe siècle et Navarrenx comme Labastide-Villefranche, le statut de bastide. L’histoire du territoire porte incontestablement la marque de Gaston VII Moncade (1229-1290) et de Gaston Fébus (1331-1391). C’est une période particulièrement riche en matière d’urbanisme (construction de nombreux châteaux, fortifications, ponts…), d’administration et d’institutions. Fébus notamment profite de la situation pour imposer le caractère souverain du Béarn en 1347.

Une terre protestante…
2-MaisonJeanne dAlbretOrthezLe jour de Noël 1560 Jeanne d’Albret, souveraine du Béarn, se convertit au protestantisme qui devient alors la religion officielle. Selon la coutume cujus regio ejus religio, les Béarnais doivent alors devenir protestants. Le Béarn des Gaves est le terreau fertile de la nouvelle doctrine et Orthez voit la création d’une académie protestante. Les conflits religieux français contaminent le Béarn qui subit une tentative d’invasion en 1569. Le Béarn ne doit son salut qu’à la résistance de la cité bastionnée de Navarrenx. Le patrimoine actuel illustre encore aujourd’hui cette période riche et trouble.

Du commerce au thermalisme
Suite au rattachement du Béarn à la France en 1620 par Louis XIII, la province perd de son influence politique. C’est au XVIIIe siècle, que le Béarn des Gaves connaît un nouvel essor économique important grâce au commerce du sel, bénéficiant de l’exemption de Gabelle, des salaisons, des linges traditionnels... En témoignent les belles maisons de négociants sur tout le territoire. A partir du milieu du XIXe siècle, Salies-de-Béarn profite du développement du thermalisme et vit une véritable révolution architecturale et sociologique. Elle voit passer dans ses murs Clémenceau, Scott-Fitzgerald...

 

A l’époque contemporaine...
3-BaraquementCampGursLes soubresauts de la «Grande Histoire» ont touché ce territoire lors de la création d’un camp d’internement à Gurs. Destiné en premier lieu à recueillir les républicains espagnols en 1939, il reçoit par la suite les indésirables, les juifs, les résistants lors de la Seconde Guerre Mondiale.
En 1954, un important gisement de gaz est découvert à Lacq, à une quinzaine de kilomètres seulement de la ville d’Orthez qui passe 7000 à 10000 habitants. De nouveaux quartiers pavillonnaires seront construits tout autour des villes anciennes et dans les villages environnants.